Grande-Bretagne : Un regard en arrière s’impose pour réparer l’irréparable

AFP_130606_cu1f4_mau-mau-londres-kenya_sn635La colonisation britannique du Kenya a commis des atrocités que les victimes kenyanes n’ont jamais oubliées. Il n’est pas trop tard pour penser à leur réparation. Apaiser les esprits qui ont été brisés et humiliés, c’est le minimum requis pour l’instauration d’un climat pacifique et de confiance entre la Grande-Bretagne et le Kenya. La justice britannique a regardé la question en face  et a pris une décision qui marquera son histoire, celle de l’indemnisation des victimes kenyanes survivantes.

Il était temps que le gouvernement britannique donne suite aux plaintes et poursuites engagées contre lui par trois  kenyans vieux de plus de 70 ans. En effet, conformément à la déclaration faite devant le Parlement par William Hague, ministre des affaires étrangères, le gouvernement britannique reconnaît que l’administration coloniale a torturé les kenyans et les maltraités. Cette intervention fait suite à une bataille judiciaire de quatre ans engagée par des victimes, et le ministre a exprimé les « regrets sincères » du gouvernement, sans pourtant aller jusqu’à présenter des excuses complètes.

Selon le Guardian, plus de cinq mille deux cents survivants kényans ayant été torturés par les forces coloniales pendant la rébellion des Mau Mau, dans les années 1950, seront indemnisés. Un montant de plus de 23 millions d’euros sera débloqué, ce qui permettrait à chaque victime de recevoir environ 3000 euros. C’est évidemment une consolation non négligeable dans un pays comme le Kenya où le revenu annuel est d’environ 500 euros. Le secrétaire général de l’association des vétérans de guerre Mau Mau a exprimé sa grande satisfaction suite à cette décision. Pour lui, cela confirme que son association était une association « des combattants de la liberté et non des terroristes ».

Il reste à exprimer le doute que cette décision prise à l’égard des victimes kenyanes, puisse réveiller d’autres revendications issues de l’époque coloniale britannique, en l’occurrence des revendications en provenance de Chypre, de Swaziland et de Guyane. Mais le Guardian pose des limites : seuls les conflits nés à partir de 1954 peuvent être traités par les tribunaux anglais.

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Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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